03.07.2026

Discrimination salariale : comment prouver que vous êtes moins bien payé que vos collègues

Deux salariés font le même travail, avec la même ancienneté et les mêmes responsabilités. L’un progresse, l’autre stagne. La différence de salaire s’installe, année après année. Mais comment le prouver, quand les rémunérations de chacun restent secrètes ? C’est le paradoxe de la discrimination salariale : la victime pressent l’injustice, sans jamais pouvoir mettre la main sur les chiffres qui la démontreraient. Beaucoup renoncent devant cet obstacle, persuadés qu’ils ne pourront jamais accéder aux données de leurs collègues. C’est une erreur. Le droit offre deux leviers puissants : un mécanisme de preuve favorable au salarié, et une procédure, l’article 145 du Code de procédure civile, qui permet d’obtenir en justice les documents détenus par l’employeur. Cet article vous explique comment ces deux outils fonctionnent ensemble, ce que vous pouvez concrètement demander, et comment le juge concilie votre droit à la preuve avec la protection de la vie privée de vos collègues.

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Par Maître Arnaud Sirven, avocat en droit du travail Mis à jour le 3 juillet 2026

À retenir Vous soupçonnez une discrimination salariale, mais vous ne pouvez pas prouver que vos collègues sont mieux payés parce que leurs rémunérations sont confidentielles ? La loi vous aide sur deux plans. D’abord, la charge de la preuve est aménagée : vous n’avez qu’à présenter des éléments laissant supposer une discrimination, et c’est ensuite à l’employeur de se justifier (article L. 1134-1 du code du travail). Ensuite, l’article 145 du Code de procédure civile permet de demander au juge, avant tout procès, la communication de documents détenus par l’employeur, y compris les bulletins de paie de collègues servant de comparaison. La Cour de cassation juge que ni la vie privée, ni l’existence d’un régime de preuve spécifique ne font obstacle à cette demande (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-12.492 ; Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063). Le juge encadre la mesure : elle doit être nécessaire et proportionnée, et les données personnelles des collègues sont protégées. Le réflexe utile est d’agir méthodiquement, avant le procès, en se faisant accompagner.

Deux salariés font le même travail, avec la même ancienneté et les mêmes responsabilités. L’un progresse, l’autre stagne. La différence de salaire s’installe, année après année. Mais comment le prouver, quand les rémunérations de chacun restent secrètes ? C’est le paradoxe de la discrimination salariale : la victime pressent l’injustice, sans jamais pouvoir mettre la main sur les chiffres qui la démontreraient.

Beaucoup renoncent devant cet obstacle, persuadés qu’ils ne pourront jamais accéder aux données de leurs collègues. C’est une erreur. Le droit offre deux leviers puissants : un mécanisme de preuve favorable au salarié, et une procédure, l’article 145 du Code de procédure civile, qui permet d’obtenir en justice les documents détenus par l’employeur. Cet article vous explique comment ces deux outils fonctionnent ensemble, ce que vous pouvez concrètement demander, et comment le juge concilie votre droit à la preuve avec la protection de la vie privée de vos collègues.

Discrimination salariale ou inégalité de traitement : de quoi parle-t-on ?

La discrimination salariale et l’inégalité de traitement désignent deux situations proches mais distinctes, qui aboutissent au même résultat : un salarié est moins bien payé qu’un autre sans justification valable. Comprendre la différence aide à choisir le bon fondement juridique.

La discrimination salariale

La discrimination salariale est une différence de rémunération fondée sur un motif prohibé. Le salarié est désavantagé en raison d’une caractéristique personnelle sans lien avec son travail : le sexe, l’âge, l’origine, l’état de santé, les activités syndicales, la situation de famille, par exemple. Ce n’est pas la différence de salaire en elle-même qui est illégale, c’est sa cause.

Exemple : Nadia et Julien ont été recrutés la même année, au même poste de chargé de clientèle. Cinq ans plus tard, Julien gagne 15 % de plus et a été promu deux fois. Nadia, elle, n’a jamais évolué. Si cet écart s’explique par le fait qu’elle a pris deux congés maternité, il peut s’agir d’une discrimination liée à la situation de famille.

L’inégalité de traitement

L’inégalité de traitement vise une différence de salaire entre des salariés placés dans une situation comparable, sans qu’un motif objectif ne la justifie. Ici, il n’est pas nécessaire de démontrer un motif prohibé. Il suffit de montrer que, à travail comparable, un salarié est traité moins favorablement qu’un autre, et que l’employeur ne peut pas justifier cette différence par des raisons objectives et vérifiables.

En clair : dans les deux cas, vous êtes moins bien payé qu’un collègue comparable. La discrimination suppose une cause interdite (votre sexe, votre âge, votre activité syndicale). L’inégalité de traitement se contente d’une différence injustifiée. Les deux ouvrent droit à réparation, et la question de la preuve se pose de la même manière.

Les principaux motifs de discrimination

La discrimination salariale peut reposer sur de nombreux motifs, tous interdits par la loi. On retrouve fréquemment le sexe, la grossesse et la situation de famille, l’âge, l’origine, l’état de santé ou le handicap, les convictions religieuses, les opinions politiques, et l’exercice d’activités syndicales ou de mandats de représentation du personnel. La liste est longue, mais le raisonnement est toujours le même : la différence de salaire est illégale lorsqu’elle trouve sa source dans l’une de ces caractéristiques, étrangère à la valeur du travail fourni. La discrimination au travail ne se limite d’ailleurs pas au salaire, elle peut aussi toucher l’embauche, la formation ou l’évolution de carrière, mais la question de la preuve se pose partout de la même manière.

Deux terrains reviennent particulièrement souvent dans les contentieux. Le premier est l’inégalité de rémunération entre les femmes et les hommes, où un écart persistant à poste et compétences équivalents nourrit le soupçon d’une discrimination fondée sur le sexe. Le second est la discrimination syndicale, où l’engagement d’un salarié se traduit par un ralentissement de sa carrière et de sa rémunération par rapport à ses collègues. Dans les deux cas, la démonstration passe par la comparaison, donc par l’accès aux données des autres salariés.

Dans toutes ces hypothèses, tout se joue sur un point : pouvoir comparer votre situation à celle d’autres salariés. Et cette comparaison suppose d’accéder à des informations que vous ne détenez pas.

Le vrai obstacle : prouver ce que vous ne pouvez pas voir

L’obstacle central, dans un contentieux de discrimination salariale, n’est pas le droit : c’est l’accès aux éléments de comparaison. Les rémunérations, les coefficients, les évolutions de carrière de vos collègues sont détenus par l’employeur. Sans eux, impossible de démontrer que vous êtes désavantagé.

La bonne nouvelle : une charge de la preuve aménagée

La loi ne vous demande pas de tout prouver seul. En matière de discrimination, la charge de la preuve est aménagée par l’article L. 1134-1 du code du travail. Le salarié doit présenter des éléments de fait laissant supposer l’existence d’une discrimination. Il revient ensuite à l’employeur de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme sa conviction au vu de l’ensemble.

Ce mécanisme rééquilibre le rapport de force. Vous n’avez pas à apporter la preuve complète et certaine de la discrimination. Vous devez réunir un faisceau d’indices suffisamment sérieux pour que l’employeur soit contraint de s’expliquer.

En clair : vous n’avez pas à démontrer la discrimination de A à Z. Vous devez apporter assez d’indices pour que la balance penche, puis c’est à l’employeur de prouver qu’il avait de bonnes raisons. S’il n’y parvient pas, la discrimination est retenue.

Exemple : Léa constate qu’à ancienneté et poste identiques, elle est passée au coefficient supérieur trois ans après ses collègues masculins, et que sa prime annuelle est systématiquement inférieure. Ce simple constat, chiffré et documenté, constitue déjà un indice. Il ne prouve pas encore la discrimination, mais il oblige l’employeur à expliquer pourquoi Léa a été traitée différemment. Sans explication objective, l’écart se retourne contre lui.

Le problème des éléments de comparaison

Encore faut-il réunir ces indices, et c’est là que le bât blesse. Un faisceau d’indices crédible suppose souvent de comparer votre rémunération à celle de collègues placés dans une situation semblable. Or ces données ne sont pas publiques. Vous ne pouvez pas exiger de vos collègues qu’ils vous communiquent leurs bulletins de paie, et l’employeur ne vous les remettra pas spontanément.

C’est précisément pour franchir cet obstacle que l’article 145 du Code de procédure civile devient décisif. Il permet d’aller chercher, par décision de justice, les documents qui rendront la comparaison possible.

Imaginez que vous puissiez ouvrir, sous le contrôle d’un juge, la seule porte qui vous manque : celle qui donne accès aux données de rémunération de vos collègues. C’est exactement le rôle de cette procédure. Vous ne violez aucun secret, vous demandez au juge d’ordonner ce qui est nécessaire à la manifestation de la vérité.

L’article 145 du Code de procédure civile : obtenir les documents avant le procès

L’article 145 du Code de procédure civile permet de demander au juge, avant tout procès, une mesure destinée à conserver ou à établir la preuve de faits dont pourrait dépendre l’issue d’un litige. En clair, vous n’attendez pas le procès pour réclamer les documents : vous les obtenez en amont, pour construire votre dossier.

Le texte prévoit que « s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ».

Ce que cette procédure permet

L’article 145 autorise le juge à ordonner à l’employeur de communiquer des documents précis, au besoin sous astreinte. Appliqué à la discrimination salariale, il permet de demander la communication des bulletins de paie de salariés servant de panel de comparaison, de leurs contrats, de leurs comptes rendus d’entretien d’évaluation ou de l’historique de leurs coefficients et de leurs promotions. Ce sont ces documents qui rendent la comparaison possible et alimentent le faisceau d’indices.

La force de cette procédure tient à son caractère contraignant. La décision du juge s’impose à l’employeur, qui ne peut pas se contenter de l’ignorer. Pour garantir son exécution, le juge peut assortir son injonction d’une astreinte, c’est-à-dire d’une somme à payer par jour de retard. L’employeur qui tarde ou refuse de communiquer s’expose ainsi à une sanction financière, et son silence peut par ailleurs être interprété en votre faveur lors du procès au fond.

En clair : l’article 145 est le moyen légal d’obtenir les fameux bulletins de paie de vos collègues, non pas en les demandant à ces derniers, mais en demandant au juge d’ordonner à l’employeur de les produire. C’est une décision de justice, pas une faveur.

Les trois conditions à réunir

Trois conditions doivent être réunies pour qu’une demande fondée sur l’article 145 aboutisse : un motif légitime, une mesure ciblée, et l’absence de procès déjà engagé sur le même litige.

Le motif légitime suppose un litige possible et crédible, ici une action pour discrimination ou inégalité de traitement, et l’utilité des documents pour ce futur litige. La vie privée des collègues ou le secret des affaires ne suffisent pas, à eux seuls, à faire échec à la mesure (Cass. soc., 19 décembre 2012, n° 10-20.526 et n° 10-20.528).

La mesure doit être légalement admissible, c’est-à-dire ciblée : circonscrite dans le temps et dans son objet, et proportionnée. Le juge refuse les demandes générales qui reviendraient à fouiller sans limite dans les dossiers du personnel (Cass. 2e civ., 8 février 2006, n° 05-14.198).

L’absence d’instance au fond sur le même litige est appréciée au jour où vous saisissez le juge. Une fois le conseil de prud’hommes saisi au fond, une nouvelle demande fondée sur l’article 145 devient irrecevable (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063). La chronologie doit donc être pensée dès le départ.

En clair : votre demande doit viser un litige crédible, porter sur des documents précis et limités, et être présentée avant d’avoir lancé le procès au fond. L’ordre des étapes compte autant que leur contenu.

Ces conditions ne jouent pas au même moment. Le motif légitime décide si votre demande est recevable, c’est-à-dire si le juge accepte de l’examiner. Le caractère ciblé et proportionné de la mesure décide, lui, de ce que vous obtiendrez concrètement. Une demande peut donc être recevable dans son principe, puis réduite par le juge dans son étendue. Posez-vous les deux questions dans l’ordre : ai-je le droit de demander ces documents, et jusqu’où puis-je aller ?

Ce que dit la Cour de cassation : la preuve prime, la confidentialité ne bloque pas

La Cour de cassation fait de l’accès à la preuve une priorité dans le contentieux de la discrimination. Une série d’arrêts a progressivement écarté les arguments qui servaient à refuser la communication des documents de comparaison. Pour un salarié, cette jurisprudence est une arme précieuse.

La vie privée des collègues n’est pas un obstacle

La confidentialité des données des collègues ne suffit pas, à elle seule, à bloquer la communication. La Cour juge de longue date que la protection de la vie personnelle ne constitue pas en soi un obstacle à une mesure fondée sur l’article 145, dès lors qu’il existe un motif légitime et que la mesure est proportionnée (Cass. soc., 19 décembre 2012, n° 10-20.526 et n° 10-20.528). Le droit à la preuve peut justifier la production d’éléments portant atteinte à la vie personnelle, à la condition que cette production soit indispensable à l’exercice de ce droit et l’atteinte proportionnée (Cass. soc., 9 novembre 2016, n° 15-10.203 ; Cass. soc., 16 novembre 2016, n° 15-17.163).

La Cour a même admis la communication de documents non anonymisés lorsque c’est nécessaire et proportionné. Dans une affaire de discrimination fondée sur le sexe, une salariée réclamait les bulletins de paie de collègues masculins pour établir la comparaison. La Cour de cassation a jugé que la communication d’informations non anonymisées pouvait être nécessaire à l’exercice du droit à la preuve et proportionnée au but poursuivi, au visa de l’article 6, paragraphe 1, de la Convention européenne des droits de l’homme (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063, cassant CA Grenoble, 11 juin 2019, n° 18/04544).

En clair : votre employeur ne peut pas refuser en bloc au motif que « ce sont des données personnelles ». La confidentialité se protège autrement, par exemple en masquant les informations inutiles, mais elle n’interdit pas la communication elle-même.

Le régime de preuve spécifique ne ferme pas la porte

L’existence d’un mécanisme de preuve propre à la discrimination n’empêche pas de recourir à l’article 145. On pouvait penser que, la charge de la preuve étant déjà aménagée par l’article L. 1134-1 du code du travail, la procédure de l’article 145 devenait inutile. La Cour de cassation a jugé le contraire : la procédure de l’article 145 ne peut être écartée en matière de discrimination au motif de l’existence de ce mécanisme spécifique. La circonstance que le salarié agisse en vue d’une action au fond relative à une discrimination ne prive pas d’intérêt sa demande (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-12.492).

Les deux dispositifs se complètent. L’aménagement de la charge de la preuve joue au moment du procès. L’article 145 sert, en amont, à réunir les éléments qui alimenteront le faisceau d’indices.

Jusqu’où va la communication

La Cour admet une communication large lorsqu’elle est nécessaire, y compris de données nominatives. Dans une affaire concernant des salariés titulaires de mandats syndicaux qui soupçonnaient une discrimination, la communication de bulletins de paie de collègues de comparaison, avec les noms et prénoms, a été jugée indispensable et proportionnée. La Cour a précisé que les juges du fond n’étaient pas tenus de s’expliquer sur chaque mention des documents dont l’occultation ne leur était pas demandée (Cass. soc., 1er juin 2023, n° 22-13.238). Cette solution s’inscrit dans une jurisprudence désormais constante (Cass. soc., 15 février 2023, n° 21-15.033 ; Cass. soc., 12 juillet 2022, n° 21-14.313).

Deux contentieux emblématiques : femmes-hommes et discrimination syndicale

Deux affaires illustrent parfaitement la manière dont l’article 145 permet d’obtenir les preuves d’une discrimination salariale. Elles montrent, concrètement, ce que le juge accepte et pourquoi.

L’inégalité femmes-hommes

L’inégalité de rémunération entre les femmes et les hommes est l’un des terrains privilégiés de ce contentieux. Dans une affaire marquante, une salariée qui s’estimait victime d’une discrimination fondée sur le sexe réclamait la communication des bulletins de paie de collègues masculins occupant des fonctions comparables. L’employeur ne les avait transmis qu’en partie, et de façon anonymisée pour certains, invoquant le refus des salariés concernés. La cour d’appel avait donné raison à l’employeur, jugeant qu’il était légitime à subordonner la communication à l’accord préalable des salariés (CA Grenoble, 11 juin 2019, n° 18/04544).

La Cour de cassation a censuré ce raisonnement. Elle a jugé que la communication d’informations non anonymisées pouvait être nécessaire à l’exercice du droit à la preuve et proportionnée au but recherché, et que les juges devaient le vérifier au lieu de s’abriter derrière le refus des collègues (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063). Autrement dit, l’accord des collègues n’est pas une condition de la communication.

En clair : votre employeur ne peut pas vous dire « vos collègues n’ont pas donné leur accord, donc je ne communique rien ». Ce n’est pas à eux de décider. C’est au juge de vérifier si la communication est utile et proportionnée.

La discrimination syndicale

La discrimination syndicale se traduit souvent par un décrochage de carrière et de salaire au fil des années. Pour la prouver, la comparaison avec des collègues embauchés à la même période et au même niveau est décisive. Dans une affaire concernant des salariés titulaires de mandats, la communication d’un panel de bulletins de paie nominatifs a été admise comme indispensable et proportionnée, la Cour ajoutant que les juges du fond n’avaient pas à justifier mention par mention l’absence d’occultation qui ne leur était pas demandée (Cass. soc., 1er juin 2023, n° 22-13.238).

Ces deux décisions convergent vers un même message : lorsque la comparaison est nécessaire pour établir la discrimination, l’accès aux données des collègues doit être ordonné, sous réserve d’être encadré et proportionné.

Cette orientation traduit un choix assumé de la Cour de cassation : faire du droit à la preuve une priorité dans le contentieux de la discrimination. Sans accès aux éléments de comparaison, l’interdiction des discriminations resterait largement théorique, faute pour les victimes de pouvoir la démontrer. En ouvrant l’article 145, la Cour donne aux salariés un moyen concret de faire valoir leurs droits, tout en confiant au juge la mission d’en fixer les limites au cas par cas.

Le contrôle du juge : nécessité, proportionnalité et protection des collègues

Obtenir ces documents n’est pas un droit automatique. Le juge exerce un contrôle précis, destiné à concilier votre droit à la preuve avec la protection de la vie privée des salariés concernés. Cette méthode, fixée par la Cour de cassation, se déroule en plusieurs temps.

Une mesure nécessaire et proportionnée

Le juge vérifie d’abord que la communication demandée est nécessaire à l’exercice du droit à la preuve et proportionnée au but poursuivi. Il recherche si les documents réclamés servent réellement à établir la discrimination, et si une mesure plus limitée ne suffirait pas. Cette grille d’analyse est posée avec netteté : le juge doit rechercher si la communication est nécessaire, puis, si elle porte atteinte à la vie personnelle d’autres salariés, vérifier quelles mesures sont indispensables et proportionnées (Cass. soc., 22 septembre 2021, n° 19-26.144).

En clair : imaginez une balance. D’un côté, votre besoin de preuves. De l’autre, la vie privée de vos collègues. Pour faire pencher la balance de votre côté, montrez que ces documents sont vraiment utiles et que vous demandez le strict nécessaire.

Le cantonnement d’office du périmètre

Si la demande est trop large, le juge ne la rejette pas forcément : il peut la recentrer lui-même. La Cour de cassation autorise le juge à cantonner d’office le périmètre de la production de pièces sollicitée, c’est-à-dire à le réduire pour ne retenir que ce qui est indispensable (Cass. soc., 22 septembre 2021, n° 19-26.144). Le juge peut ainsi limiter le nombre de salariés de comparaison, la période concernée ou la nature des documents.

Exemple : Marc réclame les bulletins de paie de l’ensemble des cent salariés de son service sur dix ans. La demande est trop large. Plutôt que de le débouter, le juge peut la recentrer sur un panel de salariés réellement comparables (même poste, même ancienneté) et sur une période pertinente. La comparaison reste possible, l’atteinte à la vie privée est limitée.

L’occultation des données et l’usage limité

Le juge veille à ce que seules les informations utiles soient communiquées. Il doit, au besoin d’office, faire occulter les données personnelles des collègues qui ne sont pas indispensables à la comparaison, en application du principe de minimisation des données (articles 5 et 6 du règlement (UE) 2016/679, dit RGPD). Il ne laisse apparentes que les mentions strictement nécessaires à la solution du litige, et peut imposer que les données communiquées ne servent qu’à l’action en cause.

Cette exigence de protection n’annule pas le droit à la preuve, elle l’encadre. Le RGPD lui-même réserve la possibilité d’utiliser des données personnelles pour la constatation, l’exercice ou la défense de droits en justice. La communication de données de comparaison reste donc possible, à condition d’être proportionnée.

La Cour de justice de l’Union européenne va dans le même sens. Elle admet que la production, dans un procès, de documents contenant des données personnelles de tiers peut être justifiée, sous réserve d’un contrôle de proportionnalité et de minimisation (CJUE, 4 mai 2023, aff. C-487/21). Le droit européen et le droit français convergent ainsi vers un même équilibre : la preuve peut l’emporter, mais seulement pour ce qui est strictement nécessaire.

En clair : le juge protège vos collègues en faisant masquer ce qui n’est pas utile (adresse, coordonnées bancaires, numéro de sécurité sociale) et ne laisse visible que ce qui sert la comparaison (poste, ancienneté, salaire, coefficient). Vous obtenez la preuve, eux gardent leur vie privée.

Référé ou requête : comment présenter la demande

La demande fondée sur l’article 145 se présente selon deux voies, le référé ou la requête, et le choix entre les deux a des conséquences pratiques. Chacune répond à une logique différente.

Le référé est la voie de principe, contradictoire : l’employeur est appelé et peut discuter la demande. Les conditions habituelles du référé, comme l’urgence, ne sont pas exigées pour une demande fondée sur l’article 145. Cette voie présente un avantage majeur pour la prescription : lorsque la mesure est ordonnée en référé, elle suspend la prescription au profit du demandeur (article 2239 du code civil ; Cass. 2e civ., 2 mars 2023, n° 21-18.771).

La requête permet d’obtenir la mesure sans que l’employeur en soit averti à l’avance, lorsque l’effet de surprise est nécessaire pour éviter que les documents ne disparaissent. Cette dérogation au contradictoire n’est admise que si les circonstances la justifient réellement. En matière prud’homale, la requête relève du président du tribunal judiciaire, et non du conseil de prud’hommes qui n’est pas compétent pour délivrer une ordonnance sur requête (Cass. soc., 12 avril 1995, n° 93-10.982). L’employeur pourra ensuite contester la mesure par un référé en rétractation.

En clair : le référé est la voie normale, où chacun s’explique, et il gèle la prescription. La requête, plus rare, sert quand il faut agir par surprise. Le choix de la voie et de la juridiction est une question technique à ne pas négliger.

Quels documents demander pour prouver une discrimination salariale

En pratique, il faut cibler les documents qui rendent la comparaison possible entre votre situation et celle de salariés placés dans une situation semblable. Une demande précise a beaucoup plus de chances d’aboutir qu’une demande vague.

Parmi les documents utiles figurent les bulletins de paie de salariés de comparaison, qui révèlent les écarts de rémunération. Peuvent aussi être visés les contrats de travail et avenants, les comptes rendus d’entretiens annuels d’évaluation, l’historique des classifications, coefficients et promotions, ainsi que les tableaux de suivi de carrière ou de rémunération. L’objectif est de reconstituer, pièces à l’appui, la trajectoire salariale de collègues comparables.

Le choix du panel de comparaison est déterminant. Il faut identifier des salariés réellement comparables : même type de poste, ancienneté proche, responsabilités équivalentes. C’est la pertinence de ce panel qui donnera de la force à la démonstration et qui aidera le juge à mesurer la nécessité et la proportionnalité de la demande.

La mesure peut prendre la forme d’une injonction faite à l’employeur de produire ces documents, ou de l’intervention d’un commissaire de justice chargé d’accéder aux fichiers et d’en extraire les éléments désignés par le juge. Cet accès est ciblé : il ne s’agit pas d’une fouille libre dans les dossiers du personnel, mais d’une opération limitée aux pièces utiles à la comparaison. C’est ce cadre qui distingue une mesure admissible d’une mesure générale d’investigation, que le juge refuse (Cass. 2e civ., 8 février 2006, n° 05-14.198).

Exemple : Sonia, cadre dans une entreprise industrielle, soupçonne d’être moins payée que ses homologues masculins. Elle peut demander, sur le fondement de l’article 145, la communication des bulletins de paie et de l’historique de carrière de quelques cadres du même niveau, embauchés à la même période. Croisés avec son propre parcours, ces éléments formeront un faisceau d’indices sérieux.

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs suffisent à faire échouer une demande pourtant fondée. Les connaître permet de les prévenir.

La première erreur est de saisir le conseil de prud’hommes au fond avant de demander les documents. La condition d’absence de procès s’appréciant au jour de la saisine, une demande présentée après avoir engagé l’action au fond est irrecevable (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063). La collecte des preuves par l’article 145 se fait, en principe, avant l’action au fond.

La deuxième erreur est de formuler une demande trop large, portant sur des dizaines de salariés ou sur des périodes excessives. Même si le juge peut recentrer la demande, une demande d’emblée ciblée démontre la nécessité et la proportionnalité et évite les débats.

La troisième erreur est de s’appuyer sur des preuves obtenues de manière déloyale, par exemple une filature par un détective privé, qui constitue un moyen de preuve illicite devant être écarté (Cass. 2e civ., 17 mars 2016, n° 15-11.412). Certes, une preuve illicite ou déloyale n’est plus systématiquement rejetée depuis un revirement récent, à condition d’être indispensable et l’atteinte strictement proportionnée (Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, n° 20-20.648). Mais ce terrain reste risqué. L’intérêt de l’article 145 est justement de bâtir une preuve licite, obtenue par décision de justice.

En clair : l’ordre des démarches compte autant que le fond. Demandez les documents avant le procès, ciblez précisément votre panel de comparaison, et privilégiez toujours la voie licite. Une preuve obtenue proprement ne se conteste pas.

Ce que cette jurisprudence change pour les employeurs

Pour les employeurs, cette jurisprudence impose d’anticiper le risque qu’un salarié obtienne, avant tout procès, la communication de données de comparaison. L’argument consistant à opposer la confidentialité des rémunérations des collègues, ou l’existence du mécanisme de preuve propre à la discrimination, ne suffit plus à bloquer une demande.

L’employeur conserve toutefois des moyens de défense sérieux. Il peut contester le motif légitime, discuter la pertinence du panel de comparaison retenu, et demander au juge de cantonner le périmètre de la demande. Il peut aussi solliciter l’occultation des données non indispensables, que le juge doit prendre en compte au titre du principe de minimisation. Ces arguments ne bloquent pas la demande par principe, mais permettent de la circonscrire.

Sur le plan de la prévention, la meilleure protection reste une politique de rémunération objectivée et documentée. Un employeur capable de justifier ses écarts de salaire par des critères vérifiables, comme l’expérience, les compétences ou les résultats, est en bien meilleure position pour répondre utilement, que ce soit au stade de l’article 145 ou lors du procès au fond.

En clair : pour un employeur, la parade n’est pas de tout refuser, mais d’objectiver sa politique salariale et de discuter, le cas échéant, le périmètre et la proportionnalité de la demande. Mieux vaut anticiper que subir.

Que faire en cas de discrimination salariale

Si vous êtes victime d’une discrimination salariale, la première chose à faire est de rassembler méthodiquement des indices, puis de sécuriser les preuves détenues par l’employeur avant le procès. Une démarche ordonnée fait toute la différence.

Réunir un premier faisceau d’indices

Commencez par documenter votre propre situation : évolution de votre rémunération, de votre classification, de vos évaluations, comparaison avec les collègues dont vous connaissez le parcours. Rassemblez tout ce qui laisse supposer une différence de traitement injustifiée. Ces éléments constituent le point de départ exigé par l’article L. 1134-1 du code du travail.

Plusieurs indices sont particulièrement parlants : une progression de carrière plus lente que celle de collègues comparables, une stagnation du coefficient ou de la classification, des augmentations et des primes systématiquement inférieures, une absence de promotion malgré des évaluations satisfaisantes, ou une coïncidence entre le ralentissement de votre carrière et un événement personnel (retour de congé maternité, prise d’un mandat syndical, déclaration d’un problème de santé). Aucun de ces indices n’est décisif à lui seul, mais leur accumulation forme un faisceau que l’employeur devra expliquer.

Obtenir les documents manquants grâce à l’article 145

Lorsque les éléments de comparaison sont détenus par l’employeur, la voie de l’article 145 permet d’en obtenir la communication avant d’engager l’action au fond. Selon les cas, la demande se présente en référé ou sur requête. Une précision compte : sur requête, la mesure relève du président du tribunal judiciaire et non du conseil de prud’hommes (Cass. soc., 12 avril 1995, n° 93-10.982). Le choix de la voie et de la juridiction n’est pas neutre.

Qui contacter

Plusieurs interlocuteurs peuvent intervenir. Le Défenseur des droits est compétent en matière de discrimination et peut mener des vérifications, formuler des observations et présenter des recommandations. Il a d’ailleurs consacré des travaux à la charge de la preuve et à l’accès aux éléments de comparaison en matière de discrimination (décision-cadre du 31 août 2022). Les représentants du personnel et les organisations syndicales peuvent alerter et accompagner, en particulier lorsque la discrimination touche plusieurs salariés. Un avocat en droit du travail vous aide, quant à lui, à évaluer vos chances, à identifier le bon panel de comparaison, à formuler une demande recevable sur le fondement de l’article 145 et à conduire l’action au fond devant le conseil de prud’hommes.

En clair : ne restez pas seul face à un dossier technique. Réunissez vos indices, faites sécuriser les preuves détenues par l’employeur, et entourez-vous des bons interlocuteurs. La discrimination se démontre par méthode, pas par intuition.

Surveiller les délais

L’action en réparation d’une discrimination est enfermée dans un délai de prescription qu’il convient de vérifier au regard de votre situation. Un élément joue en votre faveur : une mesure d’instruction ordonnée en référé sur le fondement de l’article 145 suspend la prescription au profit du demandeur (article 2239 du code civil ; Cass. 2e civ., 2 mars 2023, n° 21-18.771). Le temps de la collecte des preuves ne joue donc pas contre vous. Compte tenu de l’enjeu, faites vérifier le délai exact applicable à votre cas avant d’agir.

Récapitulatif : les points à retenir

Voici les points essentiels :

  • La difficulté centrale de la discrimination salariale est l’accès aux éléments de comparaison, détenus par l’employeur.
  • La charge de la preuve est aménagée : le salarié apporte des indices, l’employeur doit se justifier (article L. 1134-1 du code du travail).
  • L’article 145 du Code de procédure civile permet d’obtenir, avant le procès, la communication des bulletins de paie et documents de carrière de collègues de comparaison.
  • La vie privée des collègues ne bloque pas la communication (Cass. soc., 19 décembre 2012, n° 10-20.526 et n° 10-20.528 ; Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063).
  • Le régime de preuve spécifique n’écarte pas l’article 145 (Cass. soc., 8 mars 2023, n° 21-12.492).
  • Le juge contrôle la nécessité et la proportionnalité, cantonne au besoin le périmètre et protège les données des tiers (Cass. soc., 22 septembre 2021, n° 19-26.144 ; Cass. soc., 1er juin 2023, n° 22-13.238 ; RGPD).
  • Agir avant le procès, cibler un panel pertinent, surveiller la prescription : l’ordre et le calendrier sont déterminants.

FAQ : vos questions sur la preuve de la discrimination salariale

Comment prouver une discrimination salariale ?

En réunissant un faisceau d’indices laissant supposer une différence de traitement injustifiée, puis en obtenant les éléments de comparaison détenus par l’employeur. Vous n’avez pas à tout prouver seul : il suffit de présenter des éléments sérieux, à charge ensuite pour l’employeur de se justifier (article L. 1134-1 du code du travail). Pour accéder aux données de vos collègues, l’article 145 du Code de procédure civile permet d’en demander la communication en justice, avant le procès.

Peut-on vraiment obtenir les bulletins de paie de ses collègues ?

Oui, lorsque c’est nécessaire et proportionné. La Cour de cassation a admis la communication de bulletins de paie de salariés de comparaison, y compris non anonymisés, pour prouver une discrimination (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063 ; Cass. soc., 1er juin 2023, n° 22-13.238). Vous ne les demandez pas à vos collègues, mais au juge, qui ordonne à l’employeur de les produire. Le juge fait occulter les informations inutiles pour protéger la vie privée des personnes concernées.

L’employeur peut-il refuser au nom de la confidentialité des données ?

Non, il ne peut pas refuser par principe. La vie privée et le secret des affaires ne sont pas, en eux-mêmes, des obstacles à une mesure fondée sur l’article 145 (Cass. soc., 19 décembre 2012, n° 10-20.526 et n° 10-20.528). L’employeur peut en revanche discuter la nécessité et la proportionnalité de la demande, et solliciter l’occultation des données non indispensables. La confidentialité se protège par le cantonnement et l’occultation, pas par un refus global.

Quelle est la différence entre discrimination salariale et inégalité de traitement ?

La discrimination salariale repose sur un motif prohibé (sexe, âge, origine, activité syndicale, état de santé, etc.), tandis que l’inégalité de traitement vise une différence injustifiée entre salariés comparables, sans qu’un motif prohibé soit nécessaire. Dans les deux cas, vous devez pouvoir comparer votre situation à celle d’autres salariés, et l’article 145 permet d’obtenir les documents nécessaires à cette comparaison.

Faut-il saisir les prud’hommes avant ou après la demande fondée sur l’article 145 ?

Avant tout procès au fond sur le même litige. L’absence de procès s’apprécie au jour où vous saisissez le juge de la demande de communication. Si l’action au fond est déjà engagée, une nouvelle demande fondée sur l’article 145 est irrecevable (Cass. soc., 16 mars 2021, n° 19-21.063). La chronologie doit donc être planifiée avec soin.

Ma demande de communication peut-elle être rejetée si elle vise trop de salariés ?

Pas nécessairement. Le juge peut cantonner d’office le périmètre de la demande, en réduisant le nombre de salariés de comparaison ou la période concernée, plutôt que de la rejeter (Cass. soc., 22 septembre 2021, n° 19-26.144). Il reste toutefois préférable de cibler dès le départ un panel de salariés réellement comparables, ce qui démontre la nécessité et la proportionnalité de la mesure.

Comment est protégée la vie privée des collègues dont les documents sont communiqués ?

Par l’occultation des données non indispensables et par la limitation de l’usage des documents. Le juge veille au principe de minimisation des données (articles 5 et 6 du RGPD) : il fait masquer les informations inutiles à la comparaison et ne laisse apparentes que les mentions strictement nécessaires. Les données communiquées ne peuvent servir qu’à l’action en cause.

Que faire en cas de discrimination au travail ?

Réunissez d’abord des indices sur votre situation et celle de collègues comparables, puis sécurisez les preuves détenues par l’employeur avant d’agir au fond. Vous pouvez saisir le Défenseur des droits, alerter les représentants du personnel, et consulter un avocat en droit du travail. La demande fondée sur l’article 145, présentée avant le procès, permet d’obtenir les documents de comparaison indispensables.

Qui contacter en cas de discrimination salariale ?

Plusieurs interlocuteurs peuvent intervenir : le Défenseur des droits, compétent en matière de discrimination, les représentants du personnel et les organisations syndicales, et un avocat en droit du travail. L’avocat vous aide à évaluer votre dossier, à choisir le bon panel de comparaison, à obtenir les documents par l’article 145 et à conduire l’action devant le conseil de prud’hommes.

Une preuve obtenue de manière déloyale est-elle recevable ?

Elle peut l’être à titre exceptionnel, mais c’est risqué. Une preuve illicite ou déloyale n’est plus automatiquement écartée, à condition d’être indispensable à l’exercice du droit à la preuve et que l’atteinte soit strictement proportionnée (Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, n° 20-20.648). En revanche, une filature par détective privé reste un moyen de preuve illicite à écarter (Cass. 2e civ., 17 mars 2016, n° 15-11.412). L’article 145 permet d’éviter ce débat en obtenant une preuve licite, par décision de justice.

Vous pensez être victime d’une discrimination salariale ?

Prouver une discrimination salariale n’a rien d’insurmontable. La loi aménage la charge de la preuve en votre faveur, et l’article 145 du Code de procédure civile vous permet d’obtenir, avant le procès, les bulletins de paie et documents de carrière détenus par votre employeur. Encore faut-il agir dans le bon ordre, cibler un panel de comparaison pertinent et respecter des conditions précises.

Auron Avocat vous accompagne pour évaluer votre situation, réunir un faisceau d’indices solide, formuler une demande recevable sur le fondement de l’article 145 et conduire, le moment venu, l’action en réparation de la discrimination devant le conseil de prud’hommes.

L’action étant enfermée dans un délai de prescription, n’attendez pas pour faire analyser votre dossier.

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Auteur de l'article
Arnaud Sirven
Fondateur d'Auron Avocat

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